Le « visage hideux de l’antisémitisme »
Brice Hortefeux a condamné cet acte, comme étant un « attentat à la mémoire des personnes ».
Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées, hier à 12 h 30, face au monument de la communauté strasbourgeoise « à la mémoire des déportés assassinés dans les camps nazis », pendant la Seconde Guerre mondiale – sur lequel un millier de noms sont inscrits dans le cimetière de Cronenbourg à Strasbourg.
« De tels actes sont l’expression de la sauvagerie et de l’inhumanité »
Parmi les personnalités présentes, ont notamment figuré des hauts représentants des religions juive, catholique, protestante et musulmane, de nombreux membres de la communauté juive – dont le consul honoraire d’Israël – et de nombreux élus strasbourgeois.
Avant d’aller se recueillir devant les tombes souillées ou endommagées, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a assuré la communauté juive de « la solidarité de la Nation », au lendemain de la profanation d’une trentaine de tombes. « Lorsqu’un juif de France est insulté, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui est blessée », a-t-il affirmé. Et de dénoncer le « visage hideux de l’antisémitisme ».
« De tels actes sont l’expression de la sauvagerie et de l’inhumanité », a poursuivi Brice Hortefeux, qui entend combattre « tous les groupuscules qui cherchent à attiser la haine, au mépris de nos principes, de nos valeurs et de nos lois » et qui attend que les auteurs de ces profanations soient interpellés, remis à la justice et sanctionnés pénalement pour leurs actes.
Francis Lévy, président du consistoire israélite du Bas-Rhin, a fustigé cette « agression ignoble et lâche » – le jour du 65e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz. Tandis que le grand rabbin de Strasbourg, René Gutman, a dénoncé « une haine gratuite et sinistre envers nos morts, envers nous et envers l’humanité », avant de rallumer la flamme du souvenir.
Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg, s’est dit préoccupé par cette « résurgence d’antisémitisme, d’islamophobie et de racisme ». Et le premier magistrat de s’interroger sur la cause de « prurit de racisme » : « Est-ce la proximité des élections régionales, le débat sur l’identité nationale, ou le 65e anniversaire de la libération ? » Sans en connaître aujourd’hui clairement la réponse.
Philippe Dossmann
Édition DNA du Ven 29 jan. 2010






